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Une grande fresque en hommage au groupe Manouchian

En février et mars 2012, l’artiste Popof a réalisé une grande fresque en hommage au groupe Manouchian du côté du passage du Surmelin. Retrouvez aussi une interview de l'artiste et de membres du Conseil de quartier.

Pendant près d'un mois, l’artiste Popof a réalisé une grande fresque dans le 20e arrondissement, en hommage au groupe Manouchian, dont les membres furent arrêtés et exécutés par les nazis en 1944. Cette oeuvre recouvre la grande façade d'un immeuble situé rues du Surmelin et Darcy, du côté du passage du Surmelin.

Cette fresque a été réalisée à l’initiative de la copropriétévde l'immeuble, en collaboration avec la mairie du 20e arrondissement, le Conseil de quartier et l’association Art Azoï. Elle a été inaugurée le 20 mars 2012 à l'occasion d'un moment convivial en présence de Frédérique Calandra, Maire du 20e, de ses adjoints Pascal Joseph et Nathalie Maquoi, ainsi que de l’artiste, des riverains, des membres du conseil de quartier et de l’association Art Azoï.

 

Rencontre avec l'artiste Popof

Popof est né à Moscou, et arrive en France avec sa famille à l’âge de 5 ans. Cet artiste, graffeur, commence à peindre dans l’est parisien en 1989, dans des quartiers en pleine évolution. Si l’est de Paris reste son "laboratoire artistique", il a depuis traversé le périphérique, pour peindre à Montreuil, et dans le monde entier.

Popof, que représente le graff à vos yeux ?
Les murs doivent parler, les pierres ont une mémoire, parfois il suffit juste de la révéler. Le graff, c’est une base commune qui révèle des sensibilités, des univers, et qui nous permet d’apprendre de notre époque. Le graffeur est un badaud, il se balade, comprend les énergies et en fait une force de création. Il faut rester dans la vérité du lieu. Il ne faut pas cloisonner le graff au vandalisme, il y a bien sûr une forme de liberté très importante, mais avec des visions très différentes selon les gens.

Connaissiez-vous Manouchian avant cette fresque ? Comment avez-vous appréhendé ce
travail ?

L’histoire de Manouchian, je ne la connaissais pas complètement. Quand j’en ai appris un peu plus, je me suis rendu compte que ça entrait en résonnance avec mon histoire personnelle : je suis un immigré, moi aussi, parce que mon père, journaliste, poète, écrivain, a subi 10 ans de goulag, pour des raisons culturelles. Il a mené, lui aussi, à sa manière, un combat, culturel pour lui.
Son rapport à Mélinée est aussi très touchant. Mes parents se sont mariés au goulag, après un an et demi de lutte pour l’obtenir, et même une grève de la faim pour y avoir droit. Ca montre en un sens qu’il existe des situations compliquées, qui nous dépassent, qui sont tragiques, mais que malgré tout, l’amour rassemble, et apporte de l’humanité à tout. Cette lettre, c’est ça, un moment tragique, mais humain.
Pour moi, cette histoire est primordiale, parce que la France s’est construite sur ce passé de résistance. C’est ce genre d’histoires qu’il faut relayer, qu’on doit voir dans la rue. Ce graff est là pour ça, il doit susciter l’intérêt, la curiosité des passants, leur donner envie d’en savoir plus.
Il y a une sorte d’émulation par rapport à l’histoire du quartier, moi je ne suis que l’outil du sujet ! Quand j’ai été sélectionné par la copropriété, et qu’ils m’ont donné le sujet "imposé", je me suis tout de suite senti connecté à l’histoire du groupe Manouchian, j’ai compris la portée importante du sujet.
J’aime parler aux passants pendant que je travaille, les connaître, prendre le risque de connaître leur avis sur ce que je fais… Pour moi, le graff est à la peinture, ce que le live est à la musique : il y a un rapport essentiel, direct, aux gens.

Quelles sont vos techniques de peinture pour cette fresque ?
Le mur est très grand, alors c’est assez différent de ce que les gens peuvent imaginer, avec des bombes de peinture pour tout faire ! Pour ce mur, la bombe est un critérium, et mon pinceau, c’est un rouleau de 40 centimètres de large ! Il y a tellement de surface à recouvrir.
J’ai aussi un système de 5 pinceaux "assemblés", pour faire des arabesques ; ça représente les 5 lettres de mon nom à la lumière de la vitesse, c’est ma signature, mon logo. Je l’avais fait d’abord pour mes toiles, et je me suis dit que les gens dans la rue pourraient reconnaître mes graffs avec ça, comme une marque de fabrique.

 

Mairie du 20e

 

Interview croisée de Chantal O’Callaghan et Annie Neyret du Conseil de quartier Gambetta

Chantal O’Callaghan et Annie Neyret font partie du Conseil de quartier Gambetta qui a collaboré avec la copropriété de l’immeuble, la mairie du 20e arrondissement, l’association Art Azoï et l’artiste Popof pour l’élaboration de cette fresque en hommage au Groupe Manouchian.

Comment est venu ce projet de fresque ?
Il y a plus d’un an, nous avons appris que l’immeuble allait subir un ravalement de façade. Cet endroit, très bien exposé, était visible et accessible. Annie Neyret, du Conseil de quartier, a eu l’idée de proposer à la co-propriété de réaliser une fresque en hommage au Groupe Manouchian : nous avions toujours souhaité faire cet hommage, et l’occasion s’est alors présentée.
Lors d’un Conseil local d’urbanisme (CLU), nous avons fait part de cette proposition, Nathalie Maquoi [adjointe à la Maire du 20e] s’est proposé d’aider, et nous lui avons entièrement fait confiance.
Comme nous souhaitions rendre un hommage au groupe Manouchian, nous avons proposé ce thème, qui a été accepté. Par les temps qui courent, un hommage comme celui-ci est une très belle idée, il est bon de se rappeler de l’Histoire et de se souvenir de ce qu’on fait les étrangers pour la France…
Quand nous avons vu le prototype, nous avons été étonnés par le réalisme total du dessin, qui rend hommage à l’Affiche rouge, à la lettre de Mélinée. C’est important que tout ça soit aussi lisible. Tout le monde dans le quartier n’est pas forcément au courant, ça va faire poser des questions aux passants. Ce graffiti porte un vrai message, les gens le remarquent avec bonheur.

Quels sont les projets à venir du Conseil de quartier ?
Nous avons un projet avec une compagnie de théâtre, à  la porte de Bagnolet, pour travailler avec les habitants. Cette compagnie, qui s’appelle Pièces Montées, devrait intervenir du printemps 2012 à 2013.
Nous souhaitons également rendre hommage aux pionniers de l’aviation, et à ceux qui ont fait avancer l’aviation. Les réunions de conseil se déroulent le 2ème mardi du mois, de 19h à 21h, à l’Office municipal des sports [situé dans la mairie du 20e, 6 place Gambetta].

 

Visuels : photo de la façade de l'immeuble et maquette de la fresque (crédit : Popof).
Photo de Popof (crédit Art Azoï).



 
 

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