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Actualité

Parcours philosophique, un des 8 cycles de conférences des IAS

Mise à jour le 10/03/2021
Dans le cadre des Invitations aux Arts et aux Savoirs (IAS), Jean-François Riaux, professeur de philosophie propose un cycle de conférences sur la philosophie. Les IAS, ce sont 8 cycles de conférences organisées au Pavillon Carré de Baudouin par l’association Paris Culture 20.

Parcours philosophique : infos pratiques

Un mardi par mois à 19h, dans l’auditorium
Durée des conférences : 1h30
Conférences retransmises en ligne, en partenariat avec l’association Les Fripons
À suivre en direct et à voir en replay sur la chaîne YouTube de la mairie du 20e.

Parcours philosophique : programme 2021

Mardi 12 janvier 2021 : le romantisme, introduction

Le romantisme est un mouvement en quête d’autonomie du sujet humain en vue de se porter vers une authenticité inédite ; pour bien mesurer cette ambition, il convient d’évoquer la configuration historique dans laquelle le romantisme va prendre son essor. Un nouveau paradigme va s’afficher en déterminant quatre directions majeures : celle du lyrisme de la passion et d’un moi exalté, celle d’une sensibilité perméable au tragique de l’existence humaine, celle d’un onirisme cultivant la nostalgie des paradis perdus, enfin celle d’une aspiration à la révolte.

Mardi 2 février 2021 : les principaux caractères du romantisme

À ses débuts, le romantisme, en réaction à l’idéologie révolutionnaire, invite à un réveil spirituel ; l’imitation des anciens cède la place à l’inspiration biblique exigeant du poète (Alfred de Vigny, le jeune Hugo, Lamartine…) une ascension de l’âme qui n’exclut pas un attrait pour un monde occulte où l’on se porte vers ce qu’il y a de plus intime en chaque être. Une immense vague de lyrisme, mêlant tous les épanchements personnels, agite le jeune romantisme, ouvrant la voie d’un individualisme qui se veut riche d’un mystère à exprimer, en particulier par le biais du sentiment de la nature.

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Mardi 9 mars 2021 : la nature comme pôle de prédilection romantique

Après l’effervescence révolutionnaire et l’échec de l’épopée impériale, l’attrait d’une vérité universelle apte à se loger dans une citoyenneté triomphante se ternit au profit d’une promotion du moi et de ses états d’âme. La nature, elle-même enveloppée dans un climat où s’affirme un retour à la foi religieuse, joue comme une médiatrice propre à faire sentir à chacun la présence d’un « plus grand que soi » ; c’est la conviction de Chateaubriand – à la suite de son voyage en Amérique– ou de Lamartine, dans ses Méditations. C’est toute une subjectivité originale qui se fraie une voie propice à l’expression de ce qu’on nommera bientôt le mal du siècle.

Mardi 6 avril 2021 : Novalis, une figure majeure du romantisme

On ne peut comprendre le romantisme sans interroger la figure de proue du haut romantisme européen : le poète allemand Novalis, à propos duquel on répétera jusqu’au XXe siècle qu’il fut « le seul vrai poète de l’école romantique ». Trop tôt emporté par la phtisie, il laisse une oeuvre où l’affirmation d’une sensibilité exaltée sait faire place à une spéculation philosophique nous présentant les conditions d’une appréciable intelligibilité du romantisme, en particulier dans son roman Henri d’Ofterdingen.

Mardi 18 mai 2021 : le bovarysme ou l’agonie du romantisme

Flaubert situe le destin d’Emma Bovary dans les années 1840 ; à ce moment, le romantisme original s’efface au profit de formes dégradées dont entend cependant jouir le tempérament romanesque d’Emma. Ce qui l’expose à confondre vie rêvée et vie réelle ; ce que Jules de Gaultier nommera bovarysme ou « la faculté départie à l’homme de se concevoir autrement qu’il n’est ». Le personnage éponyme de Flaubert est condamné à incarner un romantisme finissant, subordonné à ses poncifs exténués. Emma paye ce que le romantisme ne pouvait combler : l’écart entre rêve et réalité.

Parcours philosophique : de quoi parle-t-on ?

Le substantif « romantisme » ou l’épithète « romantique » sont des termes tellement galvaudés qu’ils sont désormais vides de toute acception rigoureuse. Un marketing bien orchestré vante le romantisme d’un week-end parisien, d’un mariage sur une péniche amarrée au quai Montebello, d’un dîner en bateau-mouche, etc. Un folklorisme prétendument romantique est donc venu hanter notre imaginaire collectif qui voile désormais un heureux rapport à ce qui fut un mouvement de pensée d’une extension culturelle considérable au début du XIXe siècle. C’est à un retour aux sources de ce mouvement qu’il faut s’atteler pour s’émanciper des clichés qui en dénaturent la représentation.

Parcours philosophique : présentation du conférencier

Jean-François Riaux, diplômé d’histoire des sciences, titulaire d’un D.E.A. d’histoire de la philosophie et d’un Master 2 de recherche en littérature française, est professeur de philosophie enseignant la culture générale en classe préparatoire aux grandes écoles et chargé de cours à la faculté du collège des Bernardins. Il a publié dans différentes revues spécialisées (Les cahiers de philosophie, Espace Prépas…) des articles consacrés aux sciences contemporaines (Kant, Pascal, Paul de Tarse, etc.)