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Actualité

16 juillet : Commémoration de la Rafle du Vél d’Hiv’

Mise à jour le 17/07/2021
Sommaire
En ce 16 juillet, les témoins et associations de la mémoire, les élues et élus, les habitantes et habitants du 20e se souviennent et rendent hommage aux enfants, aux femmes et hommes victimes de la barbarie Nazie.

16 juillet 1942 : le 20e se souvient

Le 16 juillet 1942, parce que nées juives, parce qu’homosexuel•le•s, tziganes, handicapé•e•s mentaux, des milliers de personnes étaient arrêté•e•s, rassemblé•e•s et emmené•e•s au Vélodrome d’Hiver pour être ensuite déporté•e•s vers les camps de la mort.

L’Allemagne nazie avec la complicité de leur valet l’Etat français de Vichy ont démontré la monstruosité, la folie et la barbarie que les Hommes étaient capables d’accomplir.

En ce 16 juillet 2021, les témoins et associations de la mémoire, les élues et élus du 20e ont tenu à se souvenir pour que personne n’oublie.

Discours du maire du 20e arrondissement Eric PLIEZ

Mesdames et messieurs les élus de Paris, du 20e et de Montreuil,
Messieurs les représentants des ambassades,
Mesdames et Messieurs, membre des associations et témoins de la mémoire,
Mesdames et messieurs,
Je suis toujours particulièrement touché par les témoignages qui nous racontent l’incompréhension, la stupeur. L’arrivée au Vel d’Hiv. L’angoisse. L’étouffante chaleur. La soif, la faim. L’attente.
Des témoignages qui contrastent avec la froide précision des documents que d’autres – la police, le service des étrangers et des affaires juives – ont élaborés et continuent d’élaborer durant ces jours funestes, pour organiser et rendre compte. Des documents qui encadrent, réquisitionnent, autorisent, comptabilisent. Des documents dans lesquels les hommes, les femmes, les enfants disparaissent derrière des chiffres, des colonnes, des paraphes et des coups de tampon.
Durant ces jours sombres, l'Etat Français et sa police ont trahi. Cet Etat, dans sa froide bureaucratie a trahi ses citoyens. Trahi celles et ceux qui croyaient en sa protection et qui pensaient y trouver refuge. Il a trahi ses valeurs, celle d’un pays qui, en 1791, a été le premier d’Europe à reconnaître les Juifs comme des citoyens à part entière. Les plaques apposées au fronton de nos écoles rappellent la folie, la monstruosité d'un Etat qui n'a pas hésité à s'en prendre à des enfants. Oui, près de 1 000 de nos enfants du 20e furent raflés ce jour-là.
4 378 de nos concitoyens du 20e, dont environ 1 000 enfants, parce que juifs furent déportés. Cet horrible contingent vient en tête des déportés des arrondissements parisiens.
Sur les 1 200 équipes de policiers réquisitionnées pour la rafle des 16 et 17 juillet à Paris, le 20e en comprend 255 !
D’ailleurs, les lieux concernant la déportation 2nd guerre mondiale sont nombreux dans notre arrondissement.
J’en citerai quelques-uns, qui ont été fleuris ce matin :
• L’école primaire rue Tlemcen.
172 enfants, dont 92 filles et 80 garçons, furent exterminés à Auschwitz entre 1942 et 1944.
• La Cour de la Métairie, lieu de rassemblement lors de la rafle du Vélodrome d'Hiver
• A Bellevilloise, rue Boyer, autre lieu de rassemblement de la rafle du Vélodrome d’Hiver.
Ainsi qu’au Cimetière du Père Lachaise, un Monument à la mémoire des enfants juifs déportés de France est dressé.
Et bien sûr, cette plaque des 133 noms d’enfants disparus, devant laquelle nous venons de nous recueillir.
Alors oui. Il faut que vive la mémoire de ce jour funeste :
Car la lâcheté emprunte de multiples visages. Celui de l’injure anonyme sur internet. De l’inscription haineuse sur les murs. De l’insulte dans la rue. De l’agression d’hommes, de femmes, d’enfants parce qu’ils sont Juifs. Derrière cette lâcheté du quotidien, de l’anonymat, c’est la renaissance de cette vieille lèpre – l’antisémitisme- qui défigure l’Europe. Qui l’ampute aussi. De ses Lumières. De sa culture. De sa civilisation. De sa conscience.
L’indifférence nous conduirait à l’oubli de ce qui a été.
L’indifférence nous conduirait à considérer que le passé est passé et qu’il n’est qu’un moment, tragique mais révolu, de notre histoire.
L’indifférence nous conduirait à notre perte. A cette indifférence sombre et dangereuse, nous devons opposer notre vigilance, notre conscience, le souci de la connaissance et de la transmission du savoir. Nous devons opposer notre Humanité.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie d’être à mes côtés pour honorer notre devoir de mémoire.

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