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L'histoire économique du 20e : un territoire de tradition et d'innovation

Mise à jour le 06/03/2017
Le 20e arrondissement de Paris naît en 1860 de l'absorption par la capitale d'un gros bourg, d'un village et d'un hameau. Le bourg s'appelle Belleville, le village Charonne, le hameau Ménilmontant.
Au Moyen-Âge, la vocation économique du futur arrondissement est essentiellement agricole. Sur les terres pauvres de Belleville pousse la vigne. Plus au sud, les terrains de Charonne permettent la culture maraîchère ; on y trouve également des pressoirs. On y produit alors le guinguet, vin de qualité médiocre et peu coûteux, qui approvisionne le marché parisien. Le futur arrondissement est divisé en grands domaines religieux ou laïcs tels le prieuré Saint-Martin des Champs, l'abbaye Saint-Magloire ou les Seigneuries de Ménilmontant, Charonne ou Bagnolet.
Autre activité : l'exploitation des sources, qui abondent sur ce territoire. Les abbayes possédant des fiefs organisent la collecte des eaux par un réseau de bassins et d'aqueducs, activité prospère qui a laissé des traces dans les noms de rue, telles les rues de la Mare, des Cascades ou des Rigoles.
La découverte dans le sous-sol d'une importante couche gypseuse - le gypse est utilisé dans la fabrication du plâtre - entraîne au XVIIIe siècle l'ouverture de nombreuses carrières qui répondent à l'importante demande en matériaux de constructions de la capitale.
La construction, décidée en 1785, du Mur des Fermiers Généraux joue un rôle décisif dans l'économie des faubourgs. Le mur n'a pas une vocation militaire mais fiscale : il sert à prélever l'octroi aux portes de Paris. Dès lors les bourgs qui voisinent la capitale deviennent des zones libres de taxe. Cet état de fait entraîne l'ouverture d'un nombre considérable de cabarets et de guinguettes à Belleville et Charonne, où les Parisiens viennent se distraire et trouver du vin bon marché.
Les faubourgs se peuplent d'ouvriers et d'artisans qui quittent Paris pour des raisons pécuniaires. Mais l'envol de la population ne se fera véritablement qu'avec la révolution industrielle. Le futur 20e est le lieu d'accueil privilégié des industries dans l'est parisien. Avec la construction du chemin de fer de petite ceinture, l'industrialisation du faubourg s'accélère. Fonderies de cuivre et de fonte, briqueteries, fabriques de colles et de bougies, d'allumettes, de térébenthine, de caoutchouc, dépôts de poudre, fondoirs de graisse et de suif, ateliers de carton-feutre et de cuir…
Le village de Charonne passe de 800 habitants en 1822 à 4700 en 1843 et près de 17 000 lors de l'annexion à Paris en 1860. Les travaux du baron Haussmann, en renchérissant les loyers dans le centre de la capitale, poussent un peu plus à l'exode vers l'est. L'âge d'or industriel de ce quartier se situe entre 1890 et 1960. En 1931 on y compte 60 fabriques de meubles, 112 ébénistes, 4 manufactures de pianos et une cinquantaine d'activités liées entre elles comme des scieries et des entrepôts de bois. L'industrialisation entraîne une vague d'immigration notamment italienne : 5000 Italiens sont recensés à Charonne en 1931.
Des industries alimentaires se sont également implantées dans le 20e comme les dragées Martial, le chocolat Cémoi ou les bonbons Foullon, toujours à Charonne. Certaines entreprises étaient de taille importante et jouissaient d'une solide réputation dans leur secteur, ainsi l'usine métallurgique Schmidt, la manufacture d'inox Létang-Rémy, la fonderie Marlhiou ou les établissements G. Renault et Bon Dufour, fabricants de jouets dont les ateliers étaient situés au 80, rue des Vignoles. Le quartier Saint Fargeau, moins industrialisé que le reste du 20e, accueille cependant en 1931 le siège de la Compagnie des machines Bull, qui deviendra le premier employeur de l'arrondissement. Le siège sera transféré dans les années 80.
A partir des années 1950, l'activité industrielle diminue fortement à Paris. Dans le 20e, la disparition des industries n'est que très partiellement remplacée par les activités de services, en pleine émergence, tandis que les sièges sociaux s'implantent davantage à l'Ouest. Le 20e conservera ainsi un tissu industriel principalement composé de PME, TPE et artisans dans le domaine du bâtiment : en 2007, celles-ci représentent ainsi 19,9% de l'a ctivité économique dans l'arrondissement (soit 2 119 entreprises).
Une nouvelle impulsion est donnée à l'aube du XXIe siècle : le foncier, plus avantageux que dans le reste de la capitale, favorise l'implantation de nouvelles entreprises. Ce mouvement sera encouragé par l'implantation de 2 pépinières d'entreprises et de plusieurs hôtels d'activités et pôles d'entreprises. Multimédias, services à la personnes, développement durable… ces nouvelles entreprises déploient leur activité autant à l'échelon local qu'international.
Aujourd'hui, le 20e arrondissement a le plus fort taux de PME de la capitale, créant un tissu d'entreprises de proximité dont les créateurs sont issus d'une population riche de par sa diversité et déployant de nouveaux territoires de création. En 2007, la population des entrepreneurs est plus jeune dans le 20e par rapport à la moyenne parisienne : 53,8% des dirigeants d'entreprises ayant moins de 48 ans contre 41,2% à Paris.
Fin 2007, on compte 14 642 entreprises dans l'arrondissement, leur dynamise et leur diversité étant créateur d'activité et d'e mplois, principalement dans les secteurs du commerce de détails et de gros (24,3% des entreprises recensées dans le 20e), la construction (19,9%) et les services aux entreprises (17,9%).
Alliant traditions et innovations, le 20e dispose ainsi d'une position stratégique : l'aménagement de la Porte des Lilas, de la Porte de Montreuil et les autres Grands projets de renouvellements urbains (GPRU) en font l'un des arrondissements clés du dynamisme économique de Paris.