Le campanile de la mairie du 20e s'apprête à retrouver sa splendeur d'origine

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Mise à jour le 25/09/2026

Photo du campanile qui surplombe la mairie du 20e

Édifié à la fin du XIXᵉ siècle par l'architecte Léon Salleron, le campanile qui surplombe la mairie du 20ᵉ arrondissement va être entièrement démonté, restauré en atelier à Reims, puis reposé. Un chantier délicat, en plein cœur de l’arrondissement.

Dix mètres de chêne, de zinc et de fer forgé usés par le temps

Construite entre 1867 et 1877, la mairie du 20ᵉ arrondissement incarne, selon Manon Moyart, de l'agence Bertrand Taquet Architectes, « un langage classique d'origine française ». Posé au sommet de la toiture, le campanile – une structure de bois de chêne habillée de zinc et de fer forgé – mesure à lui seul dix mètres de haut, de sa base à son point culminant. Il présente aujourd'hui une usure notable, due à l'exposition et à l'âge des matériaux. Le bâtiment n'est ni inscrit ni classé, mais se situe en zone de protection des abords, à moins de 500 mètres du cimetière du Père-Lachaise, partiellement classé.

Deux grutages nocturnes, sous surveillance, au-dessus du métro Gambetta

L'opération se déroule en trois temps. La dépose, du 21 septembre au 30 octobre 2026, mobilise d'abord un échafaudage le long de la façade pour retirer les éléments fragiles et scier la base des piliers – une opération technique délicate, qui conditionne la bonne tenue des assemblages lors de la repose. La structure principale est ensuite extraite par grutage, en trois jours d'intervention, pendant les nuits du 14 au 15 et du 15 au 16 octobre. Suit la restauration proprement dite, menée par l'atelier bois ATB à Reims.

Enfin, la repose s'étale du 18 janvier au 18 mars 2027, avec un nouveau grutage nocturne les nuits du 3 au 4 et du 4 au 5 février, pour un raccordement sur la toiture existante estimé à neuf semaines. Dans les deux cas, les opérations de grutage se déroulent de nuit afin de limiter la gêne pour les usagers de la place, et la circulation est coupée sous la grue le temps de la manœuvre – une précaution d'autant plus importante que la station de métro Gambetta se trouve juste sous le parvis de la mairie.

Chaque pièce démontée est numérotée et photographiée « pour garantir un remontage parfait et documenter l'origine de chaque composant ». Des bases vie ont été aménagées dans les combles et sous-sols pour limiter l'emprise du chantier sur le domaine public.

Pièce par pièce : conserver, réparer ou refaire à l'identique

Le principe directeur reste la préservation maximale de l'existant, décliné selon trois approches : la conservation simple des parties saines, la restauration en atelier (rabotage, sablage, traitement du bois) pour les pièces abîmées, et le remplacement à l'identique en dernier recours.

C’est le cas des poteaux et des liens cintrés de la charpente, gravement altérés « par l'humidité et les pathogènes », qui seront refaits en chêne selon des assemblages traditionnels à tenons et mortaises. La cloche sera quant à elle nettoyée et son point de frappe rechargé en métal « pour garantir la justesse de la sonorité ». Les garde-corps en ferronnerie seront redressés et protégés, tandis que les décors en zinc feront l'objet d'une dépose et d'une repose après un repérage photographique minutieux. Le principe général demeure inchangé : « Les éléments seront repris à l'identique, de manière artisanale. »

Une maîtrise d'œuvre spécialisée dans le patrimoine

Le projet est porté par l'agence Bertrand Taquet Architectes, associée au bureau d'études Origine Structures, fondé par des Compagnons du Devoir.