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Il était une fois le 20e… À Belleville, des vignes depuis le 8e siècle

Mise à jour le 14/10/2021
À Belleville, on trouve des vignobles dès l’époque Carolingienne. À l'époque, le lieu ne s’appelle pas encore Belleville mais Savies. Aujourd’hui, ses 176 pieds permettent de produire du vin rosé.

Les vignes à Belleville, une histoire plus que millénaire

L’histoire de Belleville est intrinsèquement liée au vin. La colline de Belleville a connu un destin bien différent selon les siècles.
Déjà, à l’époque carolingienne, des clos de vigne couvraient le plateau de l’ancien Belleville, jadis appelé Savies. Au XIIIe siècle, la ferme de Savies, tenue par des moines, possédait 15 hectares de vigne dont ils surveillaient attentivement la qualité et qui étaient probablement situés, en partie, sur l’actuel parc de Belleville.
Au XIVe siècle, s’installèrent des taverniers et cabaretiers, puis les fameuses guinguettes peu soucieux de la qualité du vin. Des cépages plus grossiers, mais plus productifs, remplacèrent peu à peu les anciens crus réputés de Savies. Au XVIIIe siècle, Belleville est le lieu où l’on vient se désaltérer en fin de journée et boire un vin de soif. D’où le nom du vin, le Guinguet, un vin jeune et légèrement pétillant.
La tradition du vignoble se perpétua vraisemblablement jusqu’à la révolution. Puis, progressivement, au début du XIXe siècle, en raison de la baisse du prix du vin de Belleville et par crainte du maraudage, les cultivateurs convertirent leurs vignes en champs de fleurs qu’ils vendaient à Paris. L’urbanisme fit alors peu à peu son œuvre.
En 1989 (le parc de Belleville date de 1988), une parcelle de 250m2 a été plantée, composée de 27 pieds de Chardonnay et 160 ceps de Pinot Meunier.
Encore aujourd’hui quelques noms de rues témoignent de ce passé viticole, comme la rue « des Panoyaux » qui fut un sentier jusqu’au milieu du XIXème siècle traversant un vignoble dit « Le Pas Noyaux » car ses raisins étaient sans pépin.
La première récolte des vignes après la construction de parc de Belleville s’est faite en 1993.

Les cépages du vignoble de Belleville aujourd’hui

Les cépages d'origine ont été progressivement remplacés par des variétés qui induisent moins de traitements (Pinotin Noir, Cabernet Noir, DIVICO-N…). Certains pieds sont des variétés actuellement en expérimentation à l’INRA.
Aujourd’hui, les vignes de Belleville se composent de 166 plants.

Les vendanges du vignoble de Belleville

L’exposition Sud engendre une intervention relativement précoce. Vers la fin septembre. Elles se font sur une demi-journée. Le résultat quantitatif est très fluctuant.
En 2011 le vin produit au Parc de Belleville a obtenu une Mention spéciale - Vignerons Sud Franciliens – pour le millésime 2010.
La production est de 1 à 2 kg par pied en moyenne, mais c’est très variable. Pour 166 pieds, en 2019 étaient récolté 255 kg, en 2020, 141 kg. Cela représente entre 80 et 100 bouteilles de Guinguet. C’est un vin rosé de table, sans prétention, couleur œil de perdrix (rouge clair transparent), donné par le Pinot Menier.
Grâce à ses vignes le Parc de Belleville remporte un prix du Vin en 2011 en arrivant à la 3ème place du meilleur vin d’Ile-de-France.
Les étiquettes, différentes chaque année, sont dessinées par les jardiniers du Parc de Belleville.

Les vendanges des vignes de Belleville en 2021

Mercredi 6 octobre 2021 ont eu lieu les vendanges participatives des vignes de Belleville sous un beau soleil automnal. En une journée, 208 kg de raisin ont été récoltés. Après pressurage du raisin, 100 litres de moût ont été produit. Ce moût deviendra du vin après fermentation alcoolique.

Où déguster le vin de Belleville ?

Le Vin de Belleville n’est pas à vendre. La Ville de Paris n’est pas déclarée comme exploitant viticulteur. La vigne est une vigne historique et patrimoniale, le vin n’est pas destiné à la commercialisation.
Vous pouvez le goûter lors de Préparons le printemps, la fête du printemps à la Mairie du 20e.
Un vignoble en transition écologique
Les pieds de vignes du Parc de Belleville sont en pleine transition écologique avec pour finalité le zéro traitement.
En 2007 : 31 traitements à en 2019 : 5 traitements. Présence de souffre et de cuivre. Ces traitements sont compatibles agriculture biologique.

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