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Il était une fois le 20e… La IIe République près de chez soi

Mise à jour le 28/04/2021
Rue Dupont de l’Eure, rue Vilin : plusieurs lieux du 20e rappelle la IIe République, qui vit le jour suite à la révolution de 1848. Un peu d’histoire de France, et du 20e, avec l’association d’Histoire et d’Archéologie du Vingtième arrondissement.
Un article de l'AHAV
Cet article a été écrit par l’association d’Histoire et d’Archéologie du Vingtième arrondissement (AHAV) créée en 1991 pour valoriser l'histoire du 20e.
En savoir plus sur l'AHAV

1848, la révolution à l’origine de la IIe République

La deuxième République est née le 24 février 1848. Cette révolution a notamment pour origine de mauvaises récoltes et un chômage massif. Le soulèvement populaire se cristallise principalement contre le droit de vote réservé aux plus riches (suffrage censitaire) et, l’année précédente, l’interdiction des réunions politiques.
La France vit alors la fin de de la monarchie de Juillet (1830-1848), la fin du règne de Louis-Philippe, lui-même surnommé le roi des barricades.

La rue Dupont de l’Eure, nommé en mémoire du chef de l’État sous la IIe République

Plusieurs lieux proches de chez nous en rappellent son existence, et tout d’abord la rue Dupont de l’Eure, située entre les métros Gambetta et Pelleport.
Parmi les 11 membres du gouvernement provisoire figure Jacques Charles Dupont de l’Eure (1767-1855). Il est avocat, magistrat, franc-maçon, au riche parcours politique. Il préside l’Assemblée et devient président du Conseil ce 24 février. Il restera ainsi chef de l’État pendant un peu plus de deux mois. Âgé alors de 81 ans, il décède sept ans plus tard après avoir participé à toutes les révolutions depuis 1789. La rue qui porte son nom date de 1893.
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Vous l’avez peut-être remarqué, ce bel immeuble de brique décoré de céramiques aux formes végétales, situé à l’angle de l’avenue Gambetta et de la rue de Chine. Découvrez en plus sur cette façade remarquable en plein 20e.

La rue Vilin, du nom du maire de Belleville de l’époque

À cette époque, Paris n’est alors composé que de 12 arrondissements et notre maire de Belleville s’appelle M. Vilin. Il est architecte et propriétaire des terrains dans lesquels se trouvait un simple chemin qui prendra en 1863 le nom de rue Vilin. La rue Vilin deviendra célèbre plus tard, surtout grâce à l’écrivain George Pérec qui l’a d’autant mieux décrite que lui-même y avait habité au numéro 24 entre 1936 et 1942.

Les conquêtes de la IIe République

La Deuxième République dure 4 ans. Elle instaure le suffrage universel (masculin), la liberté de la presse et autorise à nouveau les réunions publiques. Elle supprime la peine de mort en matière politique. Elle abolit l’esclavage dans nos colonies grâce à Victor Schœlcher, journaliste, homme politique, franc-maçon ; comme sa sépulture l’indique au Père Lachaise, ses restes seront transférés au Panthéon en 1949.
À Belleville et à Charonne comme ailleurs, certaines personnes bénéficieront de ce qui est appelé alors récompenses honorifiques accordées aux insurgés de 1848.
Le Moniteur universel
Fait également nouveau, notre devise « Liberté, Égalité, Fraternité » apparait pour la première fois : elle paraît dans le Moniteur Universel – servant de journal officiel – du 27 février 1848.
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À l’occasion de la réouverture de la Samaritaine, pour laquelle l’architecte Henri Sauvage a réalisé deux bâtiments, partons à la découverte de ses réalisations dans le 20e.

À Belleville, comme ailleurs, la révolte ouvrière

En ce qui concerne les élections législatives de 1848, elles ont lieu en avril 1848 et donnent aux républicains modérés une nette victoire sur les socialistes. Conséquence, les Ateliers nationaux créés le 28 février pour donner du travail aux chômeurs sont supprimés en juin 1848.
Là commence l’insurrection ouvrière à Paris, les Journées de Juin, et à nouveau le temps des barricades qui feront 4000 morts en trois jours. De part et d’autre chacun se pense défenseur de la république. République bourgeoise contre république ouvrière.
Pendant les journées de Juin, Belleville se couvre aussi de barricades ; c’est là que se sont livrés les derniers combats pendant cette révolte ouvrière du 22 au 26 juin.
Prise de barricade rue de Ménilmontant le 24 juin 1848
BNF

La République au Père Lachaise

Enfin, signalons les membres du gouvernement provisoire de 1848 enterrés au Père Lachaise.
  • François Arago (1786-1853), chargé de la Marine et des Colonies, puis de la guerre
  • Louis Blanc (1811-1882). Le 27 février 1848, à l’initiative de Louis Blanc, le gouvernement provisoire de la IIe République prend la décision d’ouvrir des Ateliers nationaux
  • Ferdinand Flocon (1800-1866), chargé de l’Agriculture et du Commerce
  • Louis-Antoine Garnier-Pagès (1803-1878), maire de Paris pendant 10 jours, puis chargé des Fà partir du 5 mars
  • Alexandre Ledru-Rollin (1807-1874), chargé de l’Intérieur
  • Eugène Bethmont (1804-1860), chargé du Commerce, puis du Culte
  • Lazare Hippolyte Carnot (1801-1888), chargé de l’Instruction publique et des Cultes
  • Victor Schœlcher (1804-1893), chargé de la Marine et des Colonies. Transféré au Panthéon en 1949

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