Il était une fois le 20e… Ces lieux du 20e qui portent la mémoire de l’esclavage

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Mise à jour le 07/05/2026

Photo des lieux de mémoire de l'esclavage dans le 20e

Chaque année, le 10 mai, la France se souvient. Et dans le 20e arrondissement, cette mémoire est inscrite dans nos rues, nos jardins, nos bibliothèques. Au fil des années, le 20e a tissé un véritable réseau mémoriel autour de l’histoire de l’esclavage et des luttes pour son abolition. Chacun de ces lieux est une invitation à s’arrêter, à lire, à se souvenir.

Il était une fois le 20e…

Découvrez la richesse patrimoniale du 20e au travers un ensemble d'articles sur le sujet. L’occasion de mieux connaître l’arrondissement et son histoire.
Il était une fois le 20e… Le patrimoine et l'histoire du 20e arrondissement

Le square Toussaint Louverture

📍 Entre les rues Duris et des Amandiers

Inauguré le 10 mai 2021, ce jardin porte le nom de François-Dominique Toussaint Louverture, né en esclavage à Saint-Domingue et devenu chef de la révolution haïtienne. Précurseur de la première République noire au monde, il est mort en captivité en France, au fort de Joux, en avril 1803. Ce square, c’est Paris qui lui rend enfin sa place.

Le banc Toni Morrison

📍 Dans le square Toussaint Louverture

En 2010, la romancière américaine et prix Nobel de littérature Toni Morrison inaugurait en personne, rue Louis-Delgrès, un banc public à la mémoire des Africains réduits en esclavage. Le premier du genre hors des États-Unis. En 2023, il a rejoint le square Toussaint Louverture, formant ainsi un espace mémoriel cohérent au cœur du quartier des Amandiers.

Ce banc porte les mots de Toni Morrison elle-même, écrits en 1989 :

« Il n’y a pas de mémorial approprié, pas de plaque, pas de couronne, pas de mur, pas de parc. Il n’y a pas même un petit banc au bord de la route. »

Il y en a un maintenant. Dans le 20e.

La rue Louis-Delgrès

📍 Entre les rues des Cendriers et des Panoyaux

Cette rue honore Louis Delgrès, officier martiniquais né « libre de couleur », qui refusa le rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte. Le 28 mai 1802, plutôt que de se rendre, il choisit de se sacrifier à Matouba, en Guadeloupe, fidèle à sa devise : « Vivre libre ou mourir ».

Aimé Césaire, poète et figure majeure de la négritude, lui a consacré l’un de ses poèmes les plus puissants.

La bibliothèque Maryse-Condé

📍 17 rue Sorbier

Cette bibliothèque porte le nom de l’écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé (1934–2024), dont l’œuvre monumentale explore l’histoire de la diaspora africaine, la traite négrière et les héritages de l’esclavage.

Mais Maryse Condé, c’est aussi bien plus qu’une romancière : elle a présidé le Comité pour la mémoire de l’esclavage, créé en 2004 pour l’application de la loi Taubira, qui a reconnu la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Et c’est sur sa proposition que le président Jacques Chirac a fixé le 10 mai comme journée nationale de commémoration, célébrée pour la première fois en 2006.

Les tombes de Victor Schœlcher et François Arago

📍 Cimetière du Père-Lachaise

Au Père-Lachaise repose Victor Schœlcher, l’homme qui a rédigé et porté le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises en 1848. François Arago, membre du Gouvernement provisoire qui l’a adopté, y repose également. Leurs tombes sont accessibles à toutes et tous tout au long de l’année.

Le métro Alexandre-Dumas

📍 Boulevard de Charonne, à l’angle de la rue de Bagnolet

La station rend hommage à Alexandre Dumas, grand écrivain des Trois Mousquetaires et du Comte de Monte-Cristo. Son père, le général Thomas-Alexandre Dumas, né à Saint-Domingue, a été vendu comme esclave avant d’être affranchi puis de devenir général sous la Révolution française. Cette histoire familiale marque profondément l’œuvre et la trajectoire de l’écrivain.